Feuille de chou du CAPMO - Mars 2015

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Les tours de Babel et le discours unique

« Allons ! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux! Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés sur toute la terre! » (Gn 11)

Gustavo Gutierrez, père de la Théologie de la libération, a sa propre version de cette fable biblique. Selon lui, le langage unique pratiqué à Babel était la langue des dirigeants et des décideurs qui imposaient leur vision des choses aux peuples soumis et dépourvus de langage propre et de médias indépendants pour pouvoir se construire un monde bien à eux, horizontal et circulaire.

Pour Gutierrez, le projet libérateur d’un Dieu subversif opposé à l’hégémonie des puissants, consistait à doter le monde et ses différentes nations de langues diverses afin qu’ils puissent vivre selon leurs vœux et leurs projets débattus collectivement sous les bons hospices de l’expérience acquise par leurs prédécesseurs. Au contraire, une tour qu’on érige jusqu’aux cieux manifeste l’arrogance d’une classe possédante exprimée dans un projet pharaonique affirmant la suprématie du capital et de ses maîtres.

Métaphore architecturale, cette domination spatiale altère l’horizon du devenir collectif, le projetant vers un firmament étranger à toutes réalités humaines. Affirmant au monde entier son existence, la classe des créateurs d’images proclame sans ambages son appartenance à l’oligarchie mondiale plus que jamais insensible aux injustices qu’engendre la concentration de la richesse.

Dieu est mort ! Mammon est vivant! clame fièrement le monolithe de cristal réservé aux multimillionnaires éclairés qui guident les pas de ce troupeau dispersé.

Qu’on se le dise, toute structure verticale affaiblit les rapports de proximité, ciment du lien social et communautaire, sauf s’il s’agit de la communauté des riches, toujours soucieuse de s’éloigner de la plèbe pour assurer sa sécurité, jamais tributaire de l’effort collectif du devenir humain. Comment ne pas reconnaître ici l’expression manifeste du 1% occupé à concentrer la richesse dans un effort prédateur digne des trous noirs absorbant toute lumière qui leur parvient?

En fait, de tels édifices font monter en flèche la valeur de tout ce qui se situe dans un rayon d’un kilomètre. Semés aux quatre coins de la ville, ils produisent une surenchère stratosphérique. La spéculation foncière, véritable pompe à argent, aura tôt fait de nous réduire au silence, rapetisser d’autant par la hauteur de ce capital accumulé. Mais alors, combien faudra-t-il posséder de millions $$$ pour avoir droit de cité ?

Quand sera-t-il de nos libertés démocratiques et de nos droits sociaux soumis à la houlette du marché globalisé? Nos votes conditionnés par l’opinion publique médiatisée deviendront-ils des jetons à vendre aux plus offrants? L’avenir appartient à celui qui construira les plus hautes tours sur l’échine de la population expropriée de sa ville par les capitaux vautours voulant s’asseoir sur les perchoirs célestes.

Deviendrons-nous à notre tour des exilés à Babylone? Survivrons-nous collectivement dans un monde où chacun se vend au plus offrant? Déportés du sens de l’existence, consommateurs-payeurs, aurons-nous droit de redevenir des porteurs d’eau au service du capital bilingue?

Par ailleurs, je ne peux qu’établir une comparaison entre les flèches des églises qui s’écroulent sous le poids des dettes, religion substituée pour un temps par l’État providence possédant ses propres tours, plus petites que celles de demain, et portant les noms des fondateur altruistes de cette nation oublieuse de soi. L’Amérique conquérante ne finit plus d’effacer nos liens aux origines, mais heureusement nous avons pour nous la soucoupe volante de l’oubli, l’amphithéâtre, qui nous permettra bientôt de nous envoler.

« Vivre dans la simplicité permet à tous de vivre dans la dignité. »    - Mahatma Gandhi       

Yves Carrier


 

Table des matières


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Spiritualité et citoyenneté

Une critique ne vise pas la personne, mais l’idée qu’elle transporte. Certains croient que toute critique est une attaque personnelle; il n’en est rien.

CHARLIE-HEBDO: ILS L’ONT BIEN CHERCHÉ!

Dans ce cas, le Christ l’a bien cherché sa crucifixion et sa mort. S’Il n’avait pas causé tant de troubles aux marchands du temple, aux Pharisiens, s’Il n’avait pas blasphémé selon eux, ils L’auraient pas exécuté et il n’y aurait pas eu de christianisme peut-être ? Même chose pour tous les prophètes qui ont osé critiquer le pouvoir religieux ou politique qui tendait à s’éloigner de la Foi, de la Révélation. Même chose pour les femmes violées aussi. Elles l’ont cherché. Elles ont à quelque part excité le désir des hommes.

Ce genre d’argument transforme les victimes en coupables et encourage la lâcheté en plus de répondre négativement à la peur. La solution recommandée selon cet argument est la soumission à l’État, aux fanatiques religieux, à la domination des hommes. Bien sûr, avoir du courage est une position qui engage sa conscience et sa vie. Les caricaturistes de Charlie-Hebdo le savaient surtout après l’affaire des caricatures de Mohamed et l’incendie criminel de leurs locaux en septembre 2011.

IDENTITÉ ET APPARTENANCE, CITOYENNETÉ.

Dans l’identité, il y a deux choses: ce qui nous identifie à une réalité et ce qui nous permet de nous différencier, donc de nous identifier. Ce qui nous identifie, nous rend identiques à notre prochain, c’est que nous soyons des êtres vivants humains, pour la plupart citoyens et citoyennes d’une entité politique, et dotés en raison de notre conscience d’une vie s‘exprimant dans les dimensions spirituelles, intellectuelles, culturelles, sociales et matérielles. Nous sommes redevables de valeurs humaines, citoyennes et spirituelles, les premières et dernières   encadrant les citoyennes.

C’est à ce niveau qu’il peut y avoir des conflits et des débats entre les valeurs que la conscience éclairée est seule en mesure de résoudre. Ces identités sont premières, mais se vivent dans les différentes cultures auxquelles nous appartenons. Les appartenances sont secondes en regard des identités qui doivent nous rassembler, mais elles sont essentielles pour nous différencier, nous identifier dans le sens de l’identification. Nos appartenances sont multiples et permettent d’être reconnu, identifié.

Le danger est de confondre identité et appartenance en raison du besoin de s’identifier à et d’ être reconnu par un groupe déterminé. Nous sommes bien sûr des animaux sociaux qui avons besoin des autres pour exister. Mais il faut sans cesse se ramener à notre commune humanité, à notre commune appartenance à une entité sociale et politique, sans jamais oublier que nous sommes des être porteurs de valeurs et ayant des intérêts parfois divergents.

Robert Lapointe


 

Activités sociales

Toujours active, la ligue des cartes (c’est un prétexte) poursuit son œuvre sociale. Ainsi assisterons-nous à une activité du MTC samedi le 21 février et le soir même nous irons à un spectacle soulignant le mois des Noirs. Autrement, nous tenons nos games tous es vendredis et dimanches à 16heures et nous partageons un repas et beaucoup de plaisir. Et tout le monde devient champion et championne. Cela se fait au 2ième étage du 435 Du Roy. Bienvenue.

Robert Lapointe


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18 mois pour sauver la défense collective des droits

L’année 2015 commence mal pour les groupes de défense collective des droits (DCD) qui ont reçu de bien mauvaises nouvelles de la part du Ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Déjà aux prises avec un grave problème de sous-financement, les groupes ont appris à la fin de l’année 2014 que leurs protocoles ne seraient renouvelés que pour 18 mois (plutôt que 4 ans) sans aucune indexation de leurs subventions. La raison évoquée pour cette décision : la Commission permanente de révision des programmes. Déjà, le ministre parle de fusionner des groupes, de faire le ménage, mais ça pourrait aller plus loin : réforme, réduction du financement, et quoi encore ?

Au terme de ces 18 mois, cela fera près de sept ans que les subventions des groupes de défense de droits n’auront pas été indexées ni augmentées. Avec une moyenne de 2% d’augmentation du coût de la vie par année, le problème du sous-financement est en voie de se transformer en mort lente pour ce secteur mal-aimé par notre gouvernement. Et pour cause ! La mission des groupes de défense des droits les amène souvent à critiquer les politiques du gouvernement, surtout en période d’austérité. Ce serait faire preuve d’aveuglement volontaire que d’ignorer qu’une des raisons du sous-financement chronique des groupes en DCD vient justement de leur mission de critique sociale et de défenseur des personnes les moins privilégiées de notre société.

C’est parce que ces groupes remplissent leur mission et n’hésitent pas à mordre la main qui les nourrit qu’ils sont les parents pauvres du milieu communautaire. Rappelons qu’en 2011-2012, le soutien financier gouvernemental en appui à la mission globale de ce secteur atteignait à peine 44 % de la moyenne des groupes d’action communautaire et que ce pourcentage s’aggrave chaque année en raison de l’absence d’indexation de nos subventions.

18 mois qui commencent aujourd’hui

Nous avons donc 18 mois. 18 mois pour nous mobiliser et démontrer au gouvernement l’importance et l’enracinement des groupes populaires en défense de droits dans leur communauté. 18 mois où il faudra relever le défi de faire connaître les revendications des groupes de défense collective des droits dans la marée de colère et d’indignation que sont en train d’engendrer les compressions tous azimuts du gouvernement Couillard. Bien des groupes sont déjà sur le pied de guerre pour défendre les droits contre vents et austérité. Il est essentiel de mettre de l’avant, aussi, la survie financière des groupes. Les groupes de défense collective des droits sont un acquis pour notre société, ils sont un rempart contre la misère et l’exploitation, contre le cynisme. Ce qui en fin de compte est peut-être le plus important.

Depuis plusieurs mois, les groupes de défense de droits multiplient les moyens de pression pour faire connaître la précarité de leur situation et l’urgence de réinvestissement. À ce jour leurs demandes sont restées sans réponse. Des consultations se préparent pour l’adoption de moyens de pression qui pourraient aller jusqu'à des débrayages, des fermetures temporaires, etc. Une semaine nationale   d’actions est d’ailleurs en préparation pour le mois de mars. L’heure est à la mobilisation !

Pour suivre l’évolution du dossier vous pouvez consulter le site web mis en ligne par les groupes de DCD de la région à www.defensededroits.blogspot.ca

Vania Wright-Larin, RÉPAC 03-12


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Baisse du prix de l’essence et hausse annoncée des tarifs du transport en commun du Réseau de transport de la Capitale (RTC)

Depuis quelques mois, le prix de l’essence a diminué d’au moins 50%. De nombreux analystes, entre autres Normand Mousseau, coprésident de la Commission des enjeux énergétiques du Québec, s’entendent pour dire que cette baisse historique des prix du baril de pétrole est là pour demeurer pour les années à venir (Radio Canada, le 11 octobre 2014).

En raison de cette chute des prix de l’essence, mais aussi grâce à votre acquisition de véhicules hybrides, il nous semble réaliste de penser que vos dépenses en carburant n’augmenteront pas ou diminueront dès 2015.

Cette baisse du prix de l’essence ne profite pas qu’au RTC : elle constitue un incitatif direct à l’utilisation de l’auto-solo, principal compétiteur du service de transport en commun dans l’agglomération urbaine de Québec. Par conséquent, on peut prévoir une forte augmentation de la pollution atmosphérique et des problèmes de santé publique, particulièrement dans les quartiers centraux.

Les hausses incessantes de tarifs depuis 2007 nuisent à l’accessibilité sociale du transport en commun. La mise en valeur d’un réseau de transport en commun efficace et abordable est dans l’intérêt général des citoyens et des citoyennes de la ville de Québec et contribue fortement à son pouvoir d’attraction.

Tout cela considéré, nous demandons une baisse du tarif de la passe mensuelle générale, qui coûte déjà 81,25$, ou à tout le moins un gel du prix pour cette année.

Emilie Frémont-Cloutier pour le Comité du CAPMO pour l’accessibilité sociale du transport en commun

Bureau : 418-525-6187 poste 222

 

 

 


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 Appuyez la tenue du Forum social mondial à Montréal en août 2016

Montréal, le 19 janvier 2015

À l’attention de toutes les organisations, associations, collectifs et mouvements de la société civile québécoise, canadienne et mondiale

Objet : Invitation à rallier le processus organisationnel vers un Forum Social Mondial 2016 à Montréal  

Chers artisanEs d’un monde meilleur,

Nous avons vécu l’été dernier un moment historique au Canada avec le succès du premier Forum social des peuples qui s’est tenu à Ottawa du 21 au 24 août. Les bilans finaux sont encore à faire, mais l’on peut d’ores et déjà constater qu’avec près de 500 activités inscrites à la programmation et une participation évaluée à plus de 5 000 personnes, ce forum est indéniablement une très belle réussite.

Le FSP s’inscrit dans la continuité d’une longue série de mobilisations sociales au Québec et au Canada. Depuis la lutte contre l’AMI, la Marche mondiale des Femmes, le Sommet des Amériques à Québec, les marches contre la guerre en Irak, le contre-sommet PSP de Montebello, les Forums sociaux québécois et régionaux, les mobilisations contre le G20 à Toronto, la mouvance occupy, le printemps érable… la société d’ici a joué un rôle très actif dans les cycles de contestation de la mondialisation néolibérale, ainsi que dans les moments de construction de propositions alternatives.   

Malgré ce grand dynamisme social, les défis demeurent immenses face aux crises de plus en plus profondes que génère un système économique et politique qui détruit nos écosystèmes et fonctionne à l’inégalité. Face à la convergence des crises (écologique, alimentaire, économique, sociale, politique, sécuritaire...), il est urgent de proposer des solutions communes.

Dans cet effort collectif de reconstruction du monde sur des bases plus humaines, inclusives et respectueuses des limites de la planète, le processus des forums sociaux nous apparaît être un outil fondamental. Les gens, les groupes, les mouvements ont soif de rencontres, ils veulent échanger, débattre, partager leurs aspirations et s’engager collectivement dans des actions transformatrices.

Afin de répondre à ce besoin social, une immense opportunité se présente aujourd’hui à nous. Celle d’accueillir le Forum social mondial (FSM) en août 2016 à Montréal.

En effet, lors de sa dernière réunion, à Casablanca en décembre 2013, le Conseil international (CI) du FSM, a accueilli favorablement notre proposition d’organiser un FSM à Montréal en août 2016. Il nous invite aujourd’hui à confirmer cet engagement lors de la prochaine réunion du CI qui se tiendra en Tunisie à la fin du mois de mars 2015, en témoignant d’un vaste mouvement d’appui à la proposition. Dans cette perspective, nous relançons notre campagne d’appui et nous vous invitons à rallier le processus organisationnel du FSM 2016.

Il importe de rappeler le caractère historique de cette décision du CI. En effet, ce sera la première fois, depuis sa création en 2001, que le FSM se tiendra dans un pays dit du Nord. Ainsi, en acceptant notre proposition, le CI nous tend la main pour que nous puissions à notre tour, en Amérique du Nord, contribuer, après les Latino-américains et les Européens, les Asiatiques et les Africains, à dynamiser le processus FSM et être des porteurs d’espérance et de renouveau. 

Ce n’est que collectivement et dans un vaste élan de convergence que nous pourrons saisir cette chance qui nous est offerte de contribuer une fois de plus aux luttes mondiales pour la justice sociale et environnementale.

Étant persuadés que nous partageons avec vous les mêmes valeurs et la même volonté de changement, nous serions honorés de vous voir nous rejoindre dans cette aventure collective (consultez la liste    des organisme qui appuient déjà).

Pour cela, nous avons besoin que vous nous signifiez officiellement votre support au projet en nous faisant parvenir une lettre d’appui (modèle en pièce jointe), avant le 20 mars prochain !!

Notez qu'à cette étape du processus, cet appui signifie simplement que vous êtes en accord avec la pertinence du projet, et ne vous engage à rien en particulier, si ce n’est à voir le nom de votre organisation figurer dans la liste des groupes qui appuient le FSM 2016 à Montréal et recevoir de l’information de notre part sur l’état d’avancement du processus. Au fur et à mesure que nous franchirons les différentes étapes qui nous conduiront vers l’événement lui-même (dans un peu plus d’un an), nous vous ferons part des différentes opportunités d’engagement et d’implication dans les différents volets organisationnels du processus. Chacun sera libre d’y contribuer à sa manière et à son rythme.

Un autre monde est nécessaire, tous ensemble il devient possible.

Solidairement,

Le Collectif FSM 2016 Montréal

www.fsm2016.org

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Je ne souhaite pas devenir lobbyiste

Je ne suis pas lobbyiste, pourtant il se peut que je le devienne. Pourquoi? Parce que je suis intervenant dans un organisme communautaire. Certains veulent imposer aux OSBL de s’inscrire au registre des lobbyistes. Pourquoi? Par souci de justice, dit-on. Par souci de désinformation, croit-on.

Une chose est sûre : on créerait un engorgement au registre des lobbyistes. On y créerait aussi une grande confusion.

Imaginez, nous avons quelque 60 000 organismes à but non lucratif au Québec. On y créerait aussi une fausse impression de combat égal sur plusieurs sujets, notamment l’environnement et la fiscalité.

Or, il y a quelques différences majeures entre un travailleur du domaine communautaire et un lobbyiste. Premièrement, mes convictions sont les miennes. Mes opinions et mon support ne sont pas mercenaires. Deuxièmement, nous œuvrons pour le bien public, pas pour les avantages d’une poignée d’individus ou d’entreprises. Troisièmement, et c’est là le plus important, nous sommes transparents.

Si vous nous demandez qui nous finance, nous nous ferons un plaisir de vous le dire. En détail. Sans rien omettre.

Voyez-vous, nous devons une fière chandelle à nos généreux donateurs. Nous croyons aussi qu’on peut juger des motivations d’un groupe en sachant qui sont ses bailleurs de fonds.

Si vous nous demandez quels moyens nous prenons pour arriver à nos fins, il nous fera plaisir de vous en parler. En détail. Sans rien omettre. Voyez-vous, nous œuvrons ouvertement. Nous croyons qu’on peut juger des intentions d’un groupe selon sa transparence.

Si vous nous demandez ce que l’on veut changer, il nous fera plaisir de vous présenter publiquement ces changements. En détail. Sans rien omettre. Nous croyons que nos demandes amélioreraient la société en général, et nous souhaitons donc en débattre au vu et au su de tout le monde. Nous croyons aussi qu’on peut juger de la pertinence d’une demande de changement aux lois et réglementations selon sa divulgation publique ou secrète.

Si vous nous demandez ce que nous avons accompli grâce à nos actions, il nous fera plaisir de vous en parler publiquement. Voyez-vous, nous sommes fiers de nos accomplissements. Nous croyons qu’on peut juger de l’influence d’un groupe selon ses accomplissements.

Voici trois recommandations qui permettraient de faire la lumière sur un milieu qui se complaît dans l’obscurité.

Obligeons les lobbyistes à indiquer précisément quels montants sont investis dans leur campagne de lobby. Incluant les ressources humaines, les cadeaux, les participations aux activités de financement, etc. Cela permettrait de dresser un portrait assez juste des acteurs dans un dossier. Ainsi que du rapport de force entre ceux-ci.

Obligeons les lobbyistes à déclarer précisément leur mandat. Que souhaitent-ils avoir pour leur client exactement? Quelle modification exacte veulent-ils apporter à quel article de loi? Quelle subvention veulent-ils, et quelles sont leurs justifications. Présentement, leur mandat peut être inscrit dans les termes les plus flous. Or, une démocratie se nourrit d’information. Plus on en sait sur leurs revendications, plus le débat s’en trouve enrichi.

Obligeons aussi les lobbyistes à inscrire au registre les résultats précis et concrets de leurs démarches. Cela permettra d’évaluer concrètement le lobbyisme, son influence, ses avantages et ses coûts pour notre société. Cette recommandation leur servirait aussi de publicité, puisqu’ils gagneront assurément à être reconnus comme efficaces.

Bien sûr, ces recommandations ne régleront pas le problème des portes tournantes entre la politique et le lobbyisme. Elles augmenteraient cependant la transparence des pratiques de lobbyisme et, surtout, elles alimenteraient les débats publics en donnant une information détaillée sur les forces en opposition.

Hugo Brossard, Intervenant jeunesse ne souhaitant pas du tout devenir lobbyiste

Journal Métro, 17 février 2015

Hugo Brossard


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Macdonald a délibérément contraint les autochtones à la famine, les menant à la mort par milliers

Pour convaincre la Colombie britannique de joindre la Confédération, John A. Macdonald avait promis la construction d’un chemin de fer reliant cette province à celles de l’est du Canada. Mais pour cela, il fallait traverser les Prairies peuplées d’Autochtones qui n’allaient pas manquer de faire valoir les droits et revendications. Macdonald mit alors sur pieds une politique machiavélique d’extermination des Autochtones par la famine et la maladie. C’est au Dr. James Daschuck, professeur à l’Université de Regina, qu’on doit de connaître aujourd’hui ce fait très embarrassant pour Macdonald :«l’inconfortable vérité est que le Canada moderne est fondé sur un nettoyage ethnique et un génocide ». Publié en 2013, le minutieux livre de Daschuck intitulé « Clearing the Plains » (« Dégager les Plaines ») a depuis remporté de nombreux prix. On y apprend que voyant décliner rapidement les troupeaux de bisons dont ils étaient très dépendants depuis dix mille ans, les Cris des Prairies comprirent que leur conversion à l’agriculture serait difficile. Appréhendant l’effondrement de leur mode de vie si les bisons disparaissaient des Plaines, leurs négociateurs firent inclure dans le Traité numéro 6 de 1876 avec le Dominion du Canada une clause rendant le gouvernement fédéral responsable de les approvisionner en nourriture en cas de famine afin « qu’on ne les laisse pas mourir comme des chiens ». Deux ans plus tard, la chasse excessive avait eu raison du bison des Prairies. Les Cris qui étaient auparavant « les plus grands du Monde », grâce à leur alimentation riche en protéines, crevaient soudainement de faim.

Dès l’élection des Conservateurs en 1878, l’orangiste John A. Macdonald est devenu à la fois premier ministre et l’équivalent de ministre des Affaires indiennes. Il avait donc la responsabilité de subvenir aux besoins alimentaires des Autochtones des Plaines pendant cette transition. Il utilisa plutôt cette famine comme une arme. Faisant acheminer les rations au compte-gouttes, Macdonald força les Autochtones affamés et malades à s’entasser dans des réserves pour recevoir leur pitance. Il entendait ainsi ouvrir la voie au passage du chemin de fer et à l’occupation des Prairies par des colons anglo-saxons, de race blanche et de foi protestante. En 1883, il ne restait plus que quelques centaines d’Autochtones dans les Plaines alors qu’entre 15 000 et 20 000 autres étaient dans les réserves, sous le contrôle et la dépendance du Département des Affaires indiennes. Et encore, les rations distribuées en réserves étaient bien inférieures aux besoins eparfois faites de viande de porc avariée ou de farine moisie. Une livraison avait même été contaminée à la tuberculose. Dès que les Autochtones se plaignaient de leur misérable condition, les rations étaient coupées. Ils ne pouvaient quitter la réserve sans autorisation fédérale et ne pouvaient chasser ou cultiver la terre, ayant perdu toute liberté et tout accès au territoire.

Souffrant de grave malnutrition, ils moururent massivement. Complètement à la merci des agents fédéraux, d’innombrables femmes ont été violées en échange de leur ration. Daschuk a même retracé les directives transmises par Macdonald et ordonnant à ses officiers de réduire, voire de couper complètement les distributions de rations. Les officiers n’acceptant pas d’affamer les Autochtones même si les entrepôts étaient remplis de vivres étaient aussitôt démis de leurs fonctions. L’auteur a également retrouvé des déclarations publiques de Macdonald se vantant de maintenir la population « à la limite de la famine réelle » (« on the verge of actual starvation ») et d’ainsi économiser des fonds fédéraux ( theglobeandmail.com ).

À l’automne 1885, les conditions de vie inhumaines des réserves et les abus impunis des agents fédéraux poussèrent les Cris à se rebeller. Des affrontements sanglants eurent lieu dans la région de Frog Lake, en Saskatchewan. Les Autochtones furent très brutalement réprimés. Après un procès sommaire, huit hommes furent condamnés à mort. Pour intimider le plus possible la population des réserves, le lieutenant-gouverneur du Nord-Ouest et commissaire aux Affaires indiennes, Edgar Dewdney, souhaita que leur exécution soit « un spectacle public ». Son assistant, Hayter Reed, lui-même ayant commis sa large part de sévices sexuelles à l’encontre de femmes Cries affamées, recommanda que les Autochtones des réserves avoisinantes soient forcés d’assister à l’exécution des leurs « pour les faire méditer pendant des jours ». Le 20 novembre, le premier ministre Macdonald écrivit à Dewdney, « L’exécution des Indiens […] doit convaincre l’homme rouge que c’est l’homme blanc qui gouverne. » Une grande partie de la population autochtone des environs, incluant les enfants, fut rassemblée sur place. Lors de la mise à mort la plus massive de l’histoire du Canada, les huit condamnés furent tous pendus ensemble, le 27 novembre 1885 à 8h du matin. Les corps furent maintenus au bout des cordes pendant quinze minutes. Cette opération de terreur marqua la fin de la résistance des Cris des Plaines à leur famine planifiée par John A. Macdonald. C’est par milliers qu’enfermés dans les réserves, ils moururent de faim et des maladies conséquentes à leur malnutrition extrême.

James Dashuk, Globe and Mail, 19 juillet 2013


Libérez nos corps et nos territoires

Lors de la 9ème Rencontre internationale de la MMF au Brésil en août dernier, les réflexions ont porté sur les liens étroits entre l’accaparement de la nature, l’appropriation des revenus et des droits des travailleuses, le contrôle du corps et de la vie des femmes et l’augmentation de la militarisation, de la criminalisation des luttes et de la violence envers les femmes. Les échanges ont permis de définir le thème suivant pour l’action de 2015 : « Libérez nos corps et nos territoires ». Depuis septembre dernier, chaque coordination nationale de la Marche est appelée à définir comment elle souhaite mettre de l’avant cette thématique en fonction des enjeux qui l’interpellent et à réfléchir à des actions qui mettent en valeur les différentes formes de résistance, de dénonciation et les alternatives que les femmes développent à travers le monde.

Au Québec, la CQMMF (Coordination du Québec de la Marche mondiale des femmes) s’est réunie à deux reprises depuis cette rencontre internationale. Ces deux rencontres ont permis d’échanger plus en profondeur sur l’orientation de la Marche de 2015.  L’orientation choisie propose que les actions de 2015 au Québec visent à démontrer les impacts concrets des différents systèmes d’oppression (le capitalisme, le patriarcat, le racisme, l’hétérosexisme, le colonialisme, le capacitisme, etc.) sur les femmes au Québec et ailleurs dans le monde en dénonçant ces systèmes mais aussi en mettant de l’avant les formes de résistance qui s’organisent et les alternatives féministes développées. Cette orientation souligne l’importance de faire des liens avec les valeurs de la Charte mondiale des femmes pour l’humanité (justice, paix, liberté, solidarité et égalité) et de mettre de l’avant une vision féministe globale dans la suite des orientations issues du Forum des États généraux de novembre dernier.

La période des actions au Québec a également été définie et s’échelonnera du 8 mars au début du mois de juin 2015. Par ailleurs, le Québec participera à la journée d’actions internationales du 24 avril 2015. Une action aura lieu entre 12h et 13h, comme l’ensemble des coordinations nationales de la Marche afin d’assurer un « 24h d’actions féministes » à travers le monde.

Alice Lepetit


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4e action internationale - Appel à l'action, Marche mondiale des femmes 2015

En 2015, nous, militantes de la Marche mondiale des femmes des cinq continents de la planète, élèverons nos voix entre le 8 mars et le 17 octobre pour dire haut et fort : « Tant que toutes les femmes ne seront pas libres, nous serons en marche ! » Nous resterons en marche tant que toutes les femmes ne seront pas libres des oppressions générées par le système capitaliste, patriarcal et colonialiste. Libres de l’accaparement des terres, des semences et des ressources naturelles. Libre de la criminalisation de nos luttes sociales. Libres de la violence qui s’accroit avec l’augmentation des conflits armés et des guerres de type non-conventionnelles menés par des groupe fondamentalistes, des armées privées, des mafias et du crime organisé. Nous resterons en marche jusqu’à ce que nous soyons libres des marchés financiers et des multinationales qui spéculent sur les ressources naturelles, attaquent les droits et les conquêtes sociales obtenues de haute lutte, et forcent l’État à privatiser les biens communs et les services publics (éducation, santé, services sociaux…). Nous resterons en marche jusqu’à l’élimination de la violence sexiste et patriarcale de nos vies. Jusqu’à ce que cesse l’exploitation, l’appropriation et la marchandisation des corps et du travail des femmes. Jusqu’à la fin de la négation de l’humanité et de la subjectivité des femmes et l’élimination de l’exploitation de notre travail productif et reproductif, tous deux invisibilisés et dévalorisés. Nous resterons en marche jusqu’à nous soyons libres de toutes ces violences dont les femmes sont les premières victimes, mais aussi les premières survivantes et les premières à défendre les droits et la dignité des femmes et des peuples.

Nous sommes des millions de femmes en lutte partout dans le monde. En plus de prendre soin de nos familles et de nos communautés, en plus d’assurer la plupart du travail de reproduction dans le monde, nous restons en marche en construisant des propositions et des alternatives basées sur l’autonomie des femmes et sur l’autodétermination des peuples. Nous tissons des réseaux de solidarité entre nous pour promouvoir l’égalité entre les femmes, entre les femmes et les hommes, et entre les peuples. Nous construisons une économie féministe et solidaire, en changeant les modèles de reproduction et de production, de distribution et de consommation, en construisant des politiques émancipatrices basées sur la souveraineté alimentaire et populaire. Nous reconnaissons le travail domestique et de soin comme étant un enjeu fondamental pour la durabilité de la vie, et qui doit être partagé avec les hommes au sein de la famille et des communautés. Nous affirmons que l’auto-organisation des femmes est notre stratégie de renforcement en tant que sujets politiques, que nous construisons une force mondiale, en alliance avec les mouvements sociaux qui partagent notre lutte anticapitaliste, antipatriarcale, anticolonialiste, pour une société reposant sur les principes de la solidarité, la liberté, l’égalité, la justice et la paix. Rassemblons-nous autour de actions de la Marche mondiale des femmes jusqu’à ce que nous soyons toutes libres !

Comité organisateur de la Marche mondiale des femmes 2015

 


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AUSTÉRITÉ

Au Ministre BLais nous te mettons

aux aguets.

Unis et solidaireS nous on se laissera

pas faire.

Sournoisement tu viens chambouler

les règlements.

Tes nouvelles lois vont mettre

des gens en désarrois.

Évidemment tu penses qu’À FAIRE DE L’ARGENT,

NOUS, Rouge de colère,

TU NE NOUS FERAS PAS TAIRE.

IL FAUT SE MOBILISER ET ALLER CRIER

austérité.

Tous et toutes ensembles réunies

pour notre survie.

Élémentaire ta loi on en fait

notre affaire.

Monique Toutant, 6 février 2015


 

 Bannière du Média reseauforum.org : ombre d'une femme parlant dans un porte-voix. Les événements engagés dans la Capitale-Nationale et un peu dans Chaudière-Appalaches.